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Quand élaguer pommier et comment procéder pour favoriser sa fructification

Quand élaguer pommier et comment procéder pour favoriser sa fructification

Quand élaguer pommier et comment procéder pour favoriser sa fructification

Un pommier qui pousse beaucoup mais donne peu de pommes pose souvent le même problème : sa ramure est trop dense, mal équilibrée ou taillée au mauvais moment. L’élagage ne sert pas seulement à réduire la hauteur de l’arbre. Bien réalisé, il laisse entrer la lumière, améliore l’aération du feuillage et favorise la formation de fruits mieux répartis.

Encore faut-il intervenir au bon moment et avec une méthode adaptée à l’âge du pommier. Une taille sévère en pleine période de végétation peut provoquer une repousse désordonnée. À l’inverse, un arbre jamais éclairci produit souvent de petites pommes, sensibles aux maladies.

Voici comment procéder, étape par étape, avec des repères simples même si vous débutez.

Quand élaguer un pommier pour favoriser les fruits ?

Pour la plupart des pommiers du jardin, la période principale d’élagage se situe entre la fin de l’hiver et le début du printemps, lorsque les fortes gelées sont passées mais avant le démarrage franc de la végétation.

Dans de nombreuses régions, la bonne période va de février à début mars. En climat doux, une intervention peut être réalisée dès janvier. Dans les secteurs froids ou en altitude, attendez parfois la fin mars. Observez surtout l’arbre et la météo plutôt que de suivre une date fixe.

Le moment idéal réunit trois conditions :

Pourquoi éviter les périodes de gel ? Une coupe fraîche est plus vulnérable au froid. Le bois peut se fissurer et la cicatrisation ralentit fortement. À l’inverse, si vous attendez que les feuilles soient déjà bien développées, l’arbre a commencé à mobiliser ses réserves et vous risquez de supprimer une partie de ses futures fleurs.

Une seconde intervention, plus légère, peut être réalisée en été. Entre juin et août, elle consiste surtout à supprimer les gourmands, les branches verticales inutiles et certains rameaux qui ombragent les pommes. Cette taille estivale calme la vigueur de l’arbre, notamment lorsqu’il produit beaucoup de feuillage mais peu de fruits.

Reconnaître les branches qui portent des fruits

Avant de couper, prenez le temps d’observer votre pommier. C’est le meilleur moyen d’éviter une taille trop sévère.

Les pommes apparaissent généralement sur des coursonnes ou des brindilles fruitières. Il s’agit de petits rameaux courts, souvent âgés de deux ans ou plus, terminés par un bourgeon rond et gonflé. Ce bourgeon est souvent appelé bouton à fleurs. Les bourgeons uniquement végétatifs sont plus fins et pointus.

Sur certains pommiers, les fruits se forment principalement sur le bois âgé. Sur d’autres, notamment les variétés conduites en cordon ou en palmette, ils se développent sur de courts rameaux proches des branches principales. Si vous supprimez toutes les petites formations fruitières, l’arbre poussera peut-être davantage, mais vous récolterez moins de pommes.

Un cas très courant dans les jardins voisins du mien : le propriétaire raccourcit chaque branche de la même longueur, comme on taillerait une haie. Résultat, le pommier produit une forêt de pousses verticales et très peu de fleurs l’année suivante. La taille d’un fruitier doit respecter sa structure naturelle. On retire d’abord ce qui est inutile, malade ou mal placé.

Le matériel nécessaire

Un bon outil permet une coupe nette. Une coupe écrasée ou déchirée cicatrise mal et offre une porte d’entrée aux champignons.

Désinfectez les outils avant de commencer, puis entre deux arbres si vous intervenez sur plusieurs pommiers. Ce geste prend moins d’une minute et limite la transmission de maladies comme le chancre.

Évitez le mastic cicatrisant sur les petites coupes. Une coupe propre, réalisée au sec, cicatrise généralement mieux à l’air libre. Sur une grosse branche, la priorité reste la qualité de la coupe et l’absence de déchirure.

Préparer l’élagage sans se précipiter

Commencez par faire le tour de l’arbre. Regardez sa hauteur, l’orientation des branches et les zones trop compactes. Repérez les branches mortes, cassées ou présentant des taches noires. Vous pouvez même marquer les branches à retirer avec un morceau de ficelle.

Posez-vous ensuite trois questions :

Un pommier bien équilibré ne ressemble pas à un arbre parfaitement vide. Il doit conserver assez de rameaux pour produire des feuilles, nourrir les pommes et stocker des réserves. En pratique, évitez de retirer plus de 20 à 25 % du volume de la ramure en une seule année, surtout sur un arbre adulte.

Les étapes de la taille d’hiver

Commencez par le bois mort et malade. Supprimez les branches sèches, cassées ou présentant des chancres. Coupez jusqu’au bois sain, sans laisser de moignon. Si une branche est malade, désinfectez la lame immédiatement après la coupe.

Retirez les rejets du pied et du tronc. Les pousses qui partent du porte-greffe, sous le point de greffe, ne donneront pas de bonnes pommes. Elles consomment de l’énergie et se reconnaissent souvent à leur croissance très vigoureuse. Arrachez-les si possible à leur base ou coupez-les au plus près du point de départ.

Supprimez les branches qui se croisent. Lorsque deux branches frottent l’une contre l’autre, l’écorce finit par se blesser. Gardez la mieux orientée et retirez l’autre. Une branche dirigée vers l’extérieur de l’arbre est généralement préférable à une branche qui revient vers le centre.

Éclaircissez le cœur de la ramure. Enlevez les rameaux qui poussent vers l’intérieur, ceux qui se superposent et les branches trop verticales qui bouchent la lumière. Imaginez que vous devez pouvoir observer le ciel à travers le centre du pommier.

Raccourcissez avec mesure les branches trop longues. Lorsque vous devez réduire une branche, coupez juste au-dessus d’un bourgeon orienté vers l’extérieur. La coupe doit être légèrement inclinée, à environ 5 millimètres au-dessus du bourgeon. Ne laissez pas un long chicot, mais ne collez pas non plus la lame au bourgeon.

Conservez les coursonnes bien placées. Les petits rameaux portant des boutons à fleurs sont précieux. Ne les éliminez pas simplement parce qu’ils semblent courts ou anciens. Retirez seulement ceux qui sont faibles, trop serrés ou situés sur une branche déjà surchargée.

Comment tailler une grosse branche sans l’arracher

Une branche lourde ne doit jamais être coupée directement par le dessus. Son poids peut provoquer une déchirure longue et irrégulière de l’écorce.

Utilisez la méthode en trois coupes :

Le col est la zone légèrement renflée située à la base de la branche. Ne le coupez pas à ras du tronc. Cette partie contient les tissus qui participent à la cicatrisation. Une coupe trop proche du tronc crée une plaie plus importante et fragilise l’arbre.

Adapter l’élagage à l’âge du pommier

Sur un jeune pommier de moins de cinq ans, l’objectif principal est de former une charpente solide. Gardez un axe central et trois à cinq branches principales bien réparties. Supprimez les branches concurrentes qui se dressent près de la tête de l’arbre. Évitez les tailles répétées et courtes, qui provoquent de nombreuses pousses vigoureuses.

Sur un pommier adulte, intervenez surtout par éclaircissement. Retirez les branches mal orientées, trop anciennes ou trop nombreuses. Si la ramure est très dense, répartissez le travail sur deux ou trois hivers. Un arbre âgé ne doit pas être rajeuni brutalement.

Sur un vieux pommier abandonné, commencez par le bois mort et les branches dangereuses. La première année, retirez au maximum une grosse branche principale et quelques rameaux secondaires. L’année suivante, vous pourrez poursuivre l’éclaircissement. Cette méthode limite l’apparition d’une multitude de gourmands.

Un pommier qui réagit par de longues pousses verticales après une taille indique généralement que l’intervention a été trop forte. Il ne faut pas répondre en coupant encore plus. Supprimez les gourmands les mieux placés en été et laissez davantage de rameaux fruitiers l’hiver suivant.

La taille d’été pour calmer les gourmands

Entre juin et août, observez les nouvelles pousses. Les gourmands sont des rameaux très droits, souvent longs de 50 cm à plus d’un mètre, qui partent du sommet d’une branche ou du tronc. Ils portent beaucoup de feuilles, mais peu de fleurs.

Supprimez en priorité ceux qui sont dirigés vers le centre de l’arbre. Les petites pousses verticales encore tendres peuvent parfois être arrachées à la main lorsqu’elles mesurent moins de 15 cm. Leur suppression complète limite le risque de repousse au même endroit.

Ne retirez pas toutes les pousses de l’année. Certaines serviront de futurs rameaux fruitiers. Gardez celles qui sont inclinées à environ 45 degrés et bien réparties autour de la branche. Une branche trop horizontale peut également être redressée avec une ficelle souple, sans serrer l’écorce.

Les erreurs fréquentes qui réduisent la récolte

Après l’élagage, aider le pommier à fructifier

Une taille réussie ne remplace pas les autres soins. Au printemps, apportez un compost mûr au pied, à raison de 3 à 5 kg par mètre carré, sans le coller au tronc. Étalez-le sur la largeur de la ramure, puis griffez légèrement la surface du sol.

Arrosez seulement lorsque la terre sèche sur 5 à 8 cm de profondeur. En période chaude, un jeune pommier peut recevoir 15 à 20 litres d’eau par semaine. Un arbre adulte installé en pleine terre demande surtout de l’eau lors des longues périodes sans pluie, notamment entre la floraison et le grossissement des fruits.

Si le pommier porte beaucoup de petites pommes, éclaircissez les fruits en juin. Gardez une pomme par bouquet, parfois deux pour une variété peu productive, avec environ 15 cm entre les fruits conservés. Cette étape évite que l’arbre épuise ses réserves et améliore le calibre des pommes restantes.

Enfin, surveillez les feuilles après l’élagage. Des taches brunes, un feuillage qui se dessèche ou des branches qui dépérissent doivent vous alerter. Retirez rapidement les parties atteintes et évacuez-les du jardin plutôt que de les déposer au compost.

Le bon repère à retenir

Pour favoriser la fructification, un pommier doit recevoir suffisamment de lumière sans être sévèrement dépouillé. En hiver, travaillez sur la structure et l’équilibre de l’arbre. En été, corrigez les repousses trop vigoureuses. Gardez les coursonnes bien placées et intervenez progressivement.

Avant chaque coupe, demandez-vous simplement : cette branche apporte-t-elle de la lumière, porte-t-elle des boutons à fleurs ou gêne-t-elle une autre branche ? Si elle ne fait rien de tout cela, sa suppression est probablement justifiée. Votre pommier vous indiquera ensuite si la méthode lui convient : des pousses modérées, des feuilles bien vertes et des fruits répartis dans toute la ramure sont les meilleurs signes d’un arbre équilibré.

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