Avec ses feuilles gris argenté, ses fleurs rouges et blanches très décoratives et ses fruits au goût de kiwi et d’ananas, l’Acca sellowiana a beaucoup d’atouts. On le trouve aussi sous les noms de feijoa, goyavier du Brésil ou goyavier ananas. Malgré son origine subtropicale, cet arbuste fruitier peut pousser dans de nombreuses régions françaises, à condition de lui offrir du soleil, un sol drainant et une protection contre les vents froids.
Le feijoa n’est pas un citronnier. Il supporte mieux les périodes sèches et demande généralement moins de soins. En revanche, il redoute les terres lourdes et les hivers très froids, surtout lorsqu’il est jeune. Voici les gestes essentiels pour l’installer et le garder productif au jardin.
Acca feijoa : une plante adaptée à quelles régions de France ?
L’Acca sellowiana résiste environ jusqu’à -8 °C, parfois -10 °C pour un sujet adulte bien installé et exposé à l’abri. Cette résistance dépend toutefois de plusieurs facteurs : durée du gel, humidité du sol, vent, âge de l’arbuste et variété cultivée.
En pratique, la culture en pleine terre est particulièrement facile dans les régions suivantes :
- le pourtour méditerranéen ;
- la façade atlantique et le Sud-Ouest ;
- les zones littorales bretonnes et normandes bien exposées ;
- les jardins urbains protégés des régions plus fraîches.
Dans le nord-est de la France, en montagne ou dans les secteurs où les températures descendent régulièrement sous -8 °C, il est préférable de planter le feijoa contre un mur exposé au sud ou au sud-ouest. Dans les régions très froides, la culture en grand bac permet de mettre l’arbuste à l’abri pendant les épisodes de gel.
Un jeune feijoa est beaucoup plus sensible qu’un arbre de six ou sept ans. Chez moi, un sujet adulte a supporté -7 °C sans dommage, alors qu’un jeune plant planté l’année précédente a perdu plusieurs extrémités après seulement deux nuits à -5 °C. La protection hivernale n’est donc pas un détail les premières années.
Choisir le bon emplacement au jardin
Le feijoa a besoin de soleil pour bien pousser et produire des fruits. Installez-le dans un endroit recevant au moins six heures de lumière directe par jour. Une exposition sud, sud-est ou sud-ouest convient très bien.
Évitez les emplacements suivants :
- les zones constamment ombragées par un grand arbre ;
- les bas de terrain où l’eau stagne en hiver ;
- les couloirs exposés aux vents froids du nord ou de l’est ;
- les sols très compacts, argileux et mal drainés.
Un mur clair peut être utile. Il restitue une partie de la chaleur emmagasinée pendant la journée et protège les branches du vent. Gardez toutefois une distance de 1,50 à 2 mètres avec le mur afin de laisser circuler l’air et de permettre aux racines de se développer.
Le feijoa devient un arbuste assez large. Selon la variété et les conditions de culture, il peut atteindre 3 à 5 mètres de hauteur et presque autant de largeur. Prévoyez au moins 2,50 mètres d’espace autour du plant. Une plantation trop serrée entraîne rapidement un manque de lumière et une taille plus importante.
Quel sol pour un feijoa ?
L’Acca feijoa apprécie un sol fertile, léger et surtout bien drainé. Il tolère assez bien les terres légèrement calcaires, contrairement à certains agrumes, mais il pousse mieux dans une terre dont le pH se situe autour de 6 à 7,5.
Avant la plantation, observez votre sol après une pluie. Si une flaque reste en place plusieurs heures, le drainage est insuffisant. Dans ce cas, plantez le feijoa sur une butte de 20 à 30 cm de hauteur ou améliorez la terre avec du compost mûr et des matériaux drainants.
Pour préparer le trou de plantation, prévoyez :
- un trou de 50 à 60 cm de largeur et de profondeur ;
- 2 à 3 seaux de compost bien décomposé ;
- une poignée de corne broyée ou d’engrais organique à libération lente ;
- du sable grossier ou de la pouzzolane si la terre est très argileuse.
Ne remplissez pas le fond du trou avec une épaisse couche de graviers. Cette méthode crée souvent une zone où l’eau s’accumule au-dessus de la couche drainante. Il vaut mieux alléger l’ensemble du volume de terre et planter légèrement en hauteur.
Planter l’Acca feijoa au bon moment
La plantation peut se faire au printemps, de mars à mai, lorsque les fortes gelées sont terminées. C’est la période la plus sûre dans les régions froides. Dans les régions au climat doux, une plantation en automne, entre septembre et novembre, est également possible.
Le printemps convient mieux aux débutants, car le jeune arbuste dispose de plusieurs mois pour développer ses racines avant l’hiver.
Voici les étapes à suivre :
- faites tremper la motte dans un seau d’eau pendant 10 minutes ;
- placez l’arbuste dans le trou sans enterrer le collet ;
- rebouchez avec la terre mélangée au compost ;
- tassez doucement avec les mains, sans écraser le sol ;
- formez une cuvette d’arrosage autour du plant ;
- versez immédiatement 10 à 15 litres d’eau ;
- paillez sur 5 à 8 cm d’épaisseur, en laissant 10 cm libres autour du tronc.
Le tuteur est utile dans les jardins ventés. Placez-le avant de reboucher le trou afin de ne pas blesser les racines. Attachez le tronc avec un lien souple, sans serrer.
Arrosage : régulier au départ, mesuré ensuite
Un feijoa adulte supporte assez bien la sécheresse, mais un jeune plant doit être arrosé régulièrement. Pendant les deux premières années, arrosez une fois par semaine en période sèche, avec 10 à 15 litres d’eau. En cas de forte chaleur, renouvelez l’arrosage tous les 4 à 5 jours.
Ne vous fiez pas uniquement au calendrier. Enfoncez un doigt à 5 cm dans la terre. Si le sol est sec à cette profondeur, il est temps d’arroser. S’il reste frais et colle légèrement aux doigts, attendez.
À partir de la troisième année, arrosez surtout :
- au printemps, si les pluies sont insuffisantes ;
- pendant la floraison et la formation des fruits ;
- en été, après une période sèche de 10 à 15 jours ;
- en automne, si le sol est très sec avant l’hiver.
Un arrosage profond tous les 10 à 15 jours vaut mieux que quelques verres d’eau chaque soir. L’objectif est d’humidifier la terre sur 20 à 30 cm de profondeur. Évitez de mouiller le feuillage en soirée, surtout si l’air est frais.
Faut-il planter plusieurs feijoas pour récolter des fruits ?
La question de la pollinisation est importante. Certaines variétés sont autofertiles, mais elles produisent souvent davantage lorsqu’un autre feijoa fleurit à proximité. Les fleurs sont en partie pollinisées par les insectes et les oiseaux, qui apprécient leurs pétales charnus.
Pour une bonne récolte, plantez deux variétés différentes à 3 ou 4 mètres l’une de l’autre. Si vous manquez de place, un seul arbuste peut tout de même fructifier, surtout dans une région chaude et si la variété est réputée autofertile.
Les fleurs apparaissent généralement en mai et juin. Elles sont très décoratives : les pétales blancs entourent un bouquet d’étamines rouges. Il ne faut pas les supprimer. Dans mon jardin, les premières fleurs attirent régulièrement les abeilles et les petits oiseaux avant même que les fruits ne se forment.
Fertiliser sans excès
Le feijoa n’a pas besoin d’un régime d’engrais très riche. Un excès d’azote produit de longues pousses et beaucoup de feuilles, mais peu de fruits. Au printemps, étalez 2 à 3 litres de compost mûr autour de chaque jeune plant, sans le coller au tronc.
Pour un arbuste adulte, vous pouvez ajouter :
- 3 à 5 litres de compost au mois de mars ;
- un engrais organique pour arbres fruitiers en avril, selon la dose indiquée sur l’emballage ;
- un nouveau paillage après les fortes chaleurs.
Si les feuilles deviennent pâles mais que les nervures restent vertes, le problème ne vient pas forcément d’un manque d’engrais. Une terre trop humide, un sol calcaire ou des racines asphyxiées peuvent provoquer une mauvaise assimilation du fer. Commencez par vérifier le drainage avant d’ajouter un produit.
Tailler l’Acca feijoa : peu, mais au bon moment
Le feijoa possède naturellement un port arrondi et élégant. Une taille sévère est rarement nécessaire. Intervenez à la fin de l’hiver, entre février et mars, hors période de gel.
Supprimez en priorité :
- les branches mortes ou cassées ;
- les rameaux qui se croisent au centre de l’arbuste ;
- les pousses faibles qui poussent vers le sol ;
- les rejets qui partent du pied ;
- les branches trop basses si vous souhaitez former un petit arbre.
Pour garder un arbuste compact, raccourcissez les branches trop longues d’un tiers au maximum. Évitez de tailler juste avant la floraison, car les fleurs apparaissent sur les pousses de l’année.
Une taille de formation peut commencer dès la deuxième année. Conservez trois à cinq branches principales bien réparties autour du tronc. Ensuite, laissez l’arbuste prendre son volume. Le feijoa supporte la taille, mais il fructifie mieux lorsqu’on respecte sa forme naturelle.
Récolter les fruits au bon moment
La récolte s’étend généralement de septembre à novembre, avec des différences selon la région et la variété. Les fruits sont prêts lorsqu’ils se détachent facilement. Un fruit qui résiste fortement doit encore mûrir quelques jours.
Vous pouvez aussi secouer doucement une branche. Les feijoas mûrs tombent au sol. Ramassez-les chaque jour pour éviter les chocs et les attaques de limaces ou de petits animaux.
Le fruit doit être souple sous une légère pression, sans être mou. À l’intérieur, la pulpe devient alors parfumée et légèrement granuleuse. Un fruit cueilli trop tôt peut mûrir à température ambiante, mais son goût sera souvent moins intéressant.
Conservez les fruits quelques jours dans une pièce fraîche ou une semaine environ au réfrigérateur. Ils sont délicieux coupés en deux et mangés à la cuillère. On peut aussi les utiliser en compote, en confiture ou dans une salade de fruits.
Protéger le feijoa pendant l’hiver
Dans les régions où les gelées sont possibles, paillez largement le pied avec 8 à 10 cm de feuilles mortes, de paille ou de broyat de branches. Le paillage doit rester aéré et ne pas toucher directement le tronc.
Pour un jeune plant, enveloppez les branches avec un voile d’hivernage lorsque plusieurs nuits sous -3 °C sont annoncées. Retirez cette protection dès que les températures remontent afin d’éviter la condensation et le développement de maladies.
En bac, rapprochez l’arbuste d’un mur et protégez le contenant avec du carton ondulé, du liège ou une couverture horticole. Les racines sont plus sensibles au gel dans un pot que dans le sol. Évitez cependant de placer le feijoa dans une pièce chauffée : un local lumineux, frais et hors gel convient mieux.
Les erreurs fréquentes à éviter
- Planter à l’ombre : l’arbuste survivra, mais il fleurira peu et donnera peu de fruits.
- Arroser tous les jours : les racines ont besoin d’air. Un sol constamment humide favorise leur dépérissement.
- Enterrer le collet : le tronc risque de pourrir à la base.
- Tailler trop sévèrement : vous supprimerez une partie des rameaux porteurs de fleurs.
- Mettre trop d’engrais azoté : vous obtiendrez surtout des feuilles et des pousses vigoureuses.
- Oublier la pollinisation : dans un petit jardin, deux variétés compatibles améliorent nettement la production.
- Laisser le sol nu : un paillage limite l’évaporation et protège les racines superficielles.
Si votre feijoa pousse mais ne fructifie pas, observez d’abord son exposition, son âge et sa floraison. Un arbuste de deux ans peut encore produire très peu. En revanche, un sujet adulte qui fleurit abondamment sans donner de fruits manque souvent de pollinisation ou subit des gelées tardives au moment de la floraison.
Le calendrier d’entretien du feijoa
- Février-mars : taille légère, apport de compost et suppression du bois mort.
- Avril-mai : surveillance de l’arrosage et installation éventuelle d’un paillage.
- Mai-juin : floraison, arrosage régulier en cas de sécheresse et observation de la formation des fruits.
- Juillet-août : arrosage profond tous les 10 à 15 jours si le temps reste sec.
- Septembre-novembre : récolte des fruits tombés naturellement ou se détachant facilement.
- Novembre-février : protection des jeunes plants et surveillance du drainage pendant les périodes pluvieuses.
Bien placé, le feijoa demande finalement peu d’entretien. Son feuillage persistant structure le jardin toute l’année, ses fleurs donnent une touche exotique au printemps et ses fruits prolongent les récoltes jusqu’à l’automne. Si votre terrain est ensoleillé et correctement drainé, cet arbuste mérite largement une place au jardin, même loin du climat méditerranéen.
